Sororité

« Chloé aimait Olivia », lus-je. Et alors je fus frappée de l’immense changement qui s’opérait. Chloé aimait Olivia peut-être pour la première fois en littérature.
Cléopâtre n’aimait pas Octavie. Et qu’Antoine et Cléopâtre en eût été affecté si l’inverse avait été vrai ! […] La jalousie est le seul sentiment qu’éprouve Cléopâtre à l’égard d’Octavie. Est-elle plus grande que moi ? Comment arrange-telle ses cheveux ?
La pièce, sans doute, n’exige rien de plus.

Mais qu’il eût été intéressant que les relations entre les deux femmes avaient été plus complexes.
Toutes ces relations de femme à femme, pensai-je en revoyant soudain la splendide galerie d’héroïnes de fiction, sont trop simples. Tant de choses avaient été omises, inexploitées. Et j’essayai de me rappeler le nombre de fois où, dans ce que j’avais lu, deux femmes sont représentées comme des amies.

Il y en a une tentative dans Diane de la croisée des chemins. Il y a des confidentes, bien sûr, dans Racine et les tragédies grecques. Il y a ici et là des mères et des filles. Mais elles sont presque sans exception présentées sous l’angle de leurs rapports avec les hommes. C’était étrange de penser que toutes les héroïnes de fiction furent, jusqu’à l’époque de Jane Austen, non seulement montrées par l’autre sexe, mais montrées seulement dans leurs rapports à l’autre sexe. « 

Virginia Woolf, "Une chambre à soi"

Traduction par Jean-Yves Cotté, Les éditions du 38 (2020)

Ça fait longtemps que la sororité n’est plus cultivée dans notre société. Alors qu’elle est un des ingrédients les plus puissants pour notre développement.
Des femmes ensembles sont puissantes. Des femmes qui se soutiennent sont puissantes. Naît de ces liens une vraie magie, à redécouvrir.

Mettre de côté des siècles de culture de la compétition et de la méfiance entre femmes n’est pas facile. La jalousie et la comparaison sont des poisons bien ancrés dans notre patrimoine.
Nous avons certes une part du travail à faire, mais les hommes, nos éternels partenaires, ont aussi beaucoup de support à apporter dans cette reconstruction sociale.

Quel est votre avis sur le sujet ? Avez-vous du mal à faire renaître ce sentiment de sororité ? Comment pensez-vous que les hommes puissent jouer un rôle dans cette transformation ?

Je vous attends en commentaires pour en discuter ! 🙂

 

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