« Je n’ai pas confiance en moi ».

Depuis combien de temps est-ce que tu te répètes cette phrase ? Cette phrase partagée par de plus en plus de monde, prononcée comme une prière, la prière de ne pas sortir du lot.

Grande tendance de cette génération, cela « fait bien » de glisser dans la conversation, d’un air vulnérable, qu’on manque de confiance en soi. Le manque de confiance en soi est devenu fédérateur. Un moyen de faire partie du groupe.

Tu finis par porter une attention particulière à ce symbole d’appartenance. Pour ne pas l’oublier. Pour continuer à le psalmodier, à l’incarner, aussi longtemps que possible. Tu « lis des livres de développement personnel », tu « travailles sur mon estime de moi », tu « consultes des thérapeutes et des coachs », mais en espérant secrètement, assez secrètement pour te mentir en toute bonne foi, que cela n’aboutira jamais complètement.

Parce que cela voudrait dire sortir du groupe. Te démarquer. Attirer l’attention. Cela reviendrait à crier à la face du monde que tu prends le pari d’être pleinement toi. Parce qu’au fond, la confiance, qu’elle soit accordée aux autres ou à soi, ce n’est que ça : un parti pris face à un risque. C’est avoir l’insolence d’y croire.

Mais face au miroir, dans la solitude de la salle de bain à la lumière blafarde, tu ne peux pas ne pas la voir. Cette lueur au fond du regard, brûlante, hargneuse, provocante, qui trahit ce feu de vie en toi. Cette confiance en toi que tu refuses d’admettre, et qui pourtant te fait avancer dans la vie depuis le début. Elle qui te fait croire en quelque chose de mieux pour toi, elle qui te donne la force de faire des choix, elle qui porte toute ta persévérance à bout de bras.

« Je manque de confiance en moi » n’est pas un mensonge. C’est un acte de camouflage. Un mot de passe qui permet le pire acte de rébellion qui soit : rechercher la liberté individuelle.

 

Alors, quand est-ce que tu oses le pari de regarder ta force en face ? 😉